• Le bilan de notre périple

    I-                    « Elle l’a fait »

         Forte de ses 6 500 kilomètres de plus au compteur, notre 4L peut enfin rouler des mécaniques, faire cracher le moteur et crisser les pneus… Vous auriez pu, vous, à 29 ans, parcourir autant de routes en moins de deux semaines ? Elle, elle l’a fait ! Et pourtant elle n’en menait pas large lorsqu’elle nous a rencontrés en septembre 2010 (nous non plus d’ailleurs). C’est tout juste si elle pouvait rouler.

     

     

    II-                  Remerciement

         Avec elle nous voulions participer au 4L Trophy et venir en aide aux enfants marocains les plus nécessiteux. Avec elle, mais pas seulement. Des entreprises, dont les valeurs rejoignent celles de ce voyage à visée humanitaire, nous ont encouragés dans notre projet. Des entreprises que nous ne remercierons jamais assez : Les Grands Garages de Touraine, la SKF, Roche, Proteor Handicap Technologie, Kids Optic, McDonald’s, Pizza JuB’, Valnor, Girodeau-Blossier et l’Imprimerie Lechat. Il a fallu également compter sur la générosité de nos deux écoles de commerce : Telecom Ecole de Management et l’ESC Dijon. Si notre 4L a réussi à être prête pour le grand départ, c’est bien grâce à tous nos sponsors !

     

    III-                La mécanique

         Ce grand départ, nous avions décidé de le donner à Tours place Anatole France en présence des médias locaux. De là, nous avons rejoint Paris pour un départ plus officiel. Sur le trajet, notre 4L nous a donné un avertissement clair pour la suite de notre périple avec une première panne : l’alternateur débranché, notre voiture feint une panne d’essence sur l’autoroute ! Deux autres problèmes mécaniques suivront en Espagne et au Maroc. D’abord une courroie distendue et particulièrement bruyante, puis au Maroc, notre carburateur bouché a anéanti deux bobines d’allumages et épuisé notre batterie.

         Ces trois pannes ont été très formatrices pour nous, et ont pimenté notre aventure. Elles nous ont obligés à mieux connaitre la mécanique de notre 4L, une 4L capricieuse capable de nous faire de belles frayeurs, une 4L pugnace, résistante au sable et aux cailloux, bref, une 4L jusqu’au bout des phares !

     

    IV-               La course

         Une fois la mécanique de la bête maitrisée, nous avons pu nous concentrer un peu plus sur la course d’orientation à laquelle nous participions. Celle-ci se déclinait en 6 étapes (notre classement pour chacune d’elle entre parenthèse) : Tanger-Enjil (pas de classement pour cette étape), Enjil-Errachidia (505ème), Errachidia-Merzouga (207ème), Merzouga-Timerzif (disqualifiés. Notre carburateur bouché nous a empêchés d’être sur la ligne de départ à temps), et l’étape Marathon de deux jours Timerzif-Marrakech comptant pour deux étapes (377ème).

         Pour gagner ? Munis d’une boussole et d’un road book, nous devions limiter le nombre de kilomètres parcourus. Nous nous sommes vite rendus compte que cette course ne pouvait pas en être une (et nous ne disons pas ça parce que notre classement final n’est que 541ème sur 1200… Ou en tout cas pas uniquement). D’abord parce que les moments où nous étions guidés par la poussière, soulevée par les 4L qui nous devançaient, étaient fréquents. Si bien que notre instinct grégaire prenait souvent le pas sur l’utilisation de la boussole. Ensuite parce que notre compteur kilométrique était contre nous ! Il avait la fâcheuse tendance à nous faire parcourir des kilomètres que nous n’avions jamais traversés. Enfin la course ne pouvait être qu’anecdotique face à de si beaux paysages.

     

    V-                 Les Paysages marocains

         Un mot sur les décors rencontrés au Maroc ne sera donc pas de trop. Au sortir de Tanger nous avons découvert un Maroc plus vert que nous l’avions imaginé, où les champs tiennent leur place. Puis vers Enjil le caractère champêtre du panorama a laissé place au froid, à la neige (altitude oblige) et au désert de cailloux. Il est assez effrayant de voir qu’à des kilomètres à la ronde aucune forme de vie n’est détectable à l’œil nu, tout au plus quelques lichens. Vers Errachidia, le climat s’est réchauffé pour nous offrir un désert de sable toujours aussi grandiose. Mais c’est bien à Merzouga que nous avons été le plus émerveillés. On se sentait réellement aux portes d’un désert de dune immense où la vie n’a plus vraiment son mot à dire. Le désert marocain… Une gigantesque étendue poussiéreuse où chaque relief est magnifié par le plat qui l’entoure.

     

    VI-               Une pauvreté palpable

         Toutefois, on peut regretter que ce spectacle vienne être gâché par les déchets et autres sacs plastiques qui jonchent littéralement le bord des routes principales sur un rayon de plusieurs centaines de mètres. A qui la faute ? Difficile à dire… La pauvreté palpable de cette région peut peut-être expliquer le manque d’éducation écologique des autochtones ou encore l’absence visible d’un système de traitement des déchets. Et la pauvreté ne se ressent pas uniquement sur l’écologie. Dans cette région aride où les ânes sont encore des moyens de locomotion ordinaire, nous avons rencontré sur le bord des pistes des enfants livrés à eux-mêmes dès le plus jeune âge. Là-bas, la mendicité auprès des étrangers semble naturelle, et visiblement, plus importante qu’une journée à l’école pour certains enfants. Ils sont d’ailleurs parfois utilisés par les plus grands afin de maximiser les chances d’obtenir des « cadeaux » (comprenez une partie de notre chargement). Ces mêmes cadeaux sont revendus peu de temps après par des adultes.

     

    VII-             Notre action humanitaire

         C’est pourquoi l’association « enfants du désert » nous a demandé, avant de rejoindre le Maroc, de ne pas céder aux demandes des enfants aux bords des routes. Nous avons compris à travers cette expérience, l’importance d’une remise de dons encadrée par une association. C’est à Merzouga que nous nous sommes acquittés de notre mission humanitaire au « village de la solidarité ». Nous y avons déposé notre chargement : 100 kg de matériel scolaire (cahiers, crayons de couleur, ardoises, gommes, ciseaux, stylos…), du matériel sportif (ballons de volley, une raquette de tennis, sacs de sport), des vêtements, un ordinateur, des médicaments… Il y a deux avantages principaux à l’organisation de la remise des dons. D’abord nous sommes sûrs que le matériel sera donné aux enfants les plus nécessiteux. Ensuite, l’association organise un suivi vérifiant ainsi tout au long de l’année que le matériel délivré n’a pas été volé ou revendu.

         Cette année, l’association « enfants du désert » estime à 82 tonnes les dons apportés. Nous sommes bien entendu flattés d’avoir pu contribuer à ce nouveau record ! L’année précédente environ 78 tonnes de matériel avaient été distribuées par les 1000 équipages participants. Laetitia CHEVALIER, présidente de l’association, semblait également très satisfaite par la qualité du matériel, majoritairement neuf, pour cette année.

     

     

    VIII-           Le roi est mort... Vive le roi

         Voilà pourquoi notre « scorpion du désert » (ainsi sont appelées les 4L vers Merzouga) peut être fier ! Notre 4L a participé avec classe à une aventure exceptionnelle croisée d’une mission humanitaire de grande envergure !  Plus que du matériel indispensable au développement d’une région, notre bolide a aussi soulevé le sable du désert et les espoirs d’une population. Un espoir qui ne doit pas retomber : la 14ème édition du 4L Trophy s’est achevée, bon vent à la 15ème édition !

    Victor et Samson.


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